La notion de « Troubles neurodéveloppementaux » (TND) a été introduite dans la dernière classification américaine des troubles mentaux (American Psychiatric Association, (DSM-5), (2013, 2022) ; dans celle de l’Organisation mondiale de la santé [World Health Organization, 2021] et par la Word Psychiatric Association.
Elle a remplacé celle de « Troubles de la première, de la deuxième enfance ou de l’adolescence » qui était décrite dans le DSM-IV).
Cette notion de TND renvoie aux 6 conditions suivantes et leurs acronymes
Les facteurs de haut risque (facteurs déclenchants) identifiés à ce jour peuvent être classés dans 3 catégories :
Nous savons que ces troubles se manifestent précocement, mais que leur diagnostic peut être tardif. Ce dernier est proposé généralement dans les six premières années de la scolarité, c’est-à-dire entre 3 et 8 ans [excepté pour les formes graves du trouble du développement intellectuel qui peut être fait plus précocement, et pour les formes de TSA prototypiques qui peuvent être identifiées dés 24 mois]. Les déterminants du diagnostic dépendent de l’interaction entre l’âge de l’enfant et le contexte. Certains contextes peuvent être aggravants, d’autres facilitants). Leur formulation clinique au moment du diagnostic est différente de celle des premiers signes et il existe probablement une souche développementale commune. Enfin, chacun de ces troubles est très hétérogène sur le plan de leur présentation clinique.
Les TND peuvent être associés entre eux : notion de comorbidités et/ou de chevauchement clinique. À cet égard, le cas du TSA est assez exemplaire : dans 70 % des cas on trouve en effet une « comorbidité » associée et dans 40 % deux « comorbidités ». De même, 1/3 des personnes avec TSA présentent un TDAH et 15 % des sujets avec TDAH présentent également un TSA.
Dans le cadre d’une démarche clinique, les tableaux présentés relèvent alors le plus souvent d’un diagnostic complexe (plusieurs troubles entremêlés dans lesquels chacun doit être identifié).
La démarche diagnostique s’effectue à partir de critères. Pour chaque trouble la nombre de critères varie de 4 à 5. Pour qu’un diagnostic puisse être posé, il conviendra que tous les critères soient positifs.
Donnons deux exemples. Le premier concerne le Trouble du développement intellectuel (handicap intellectuel, déficience intellectuelle, retard mental…). Trois critères doivent être présents.
Le second concerne le Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Le premier critère (critère clinique) nécessite de repérer parmi une liste, la présence d’un certain nombre de signes, auquel il conviendra d’y adjoindre les 3 autres critères cités précédemment.
Pour conclure, la démarche qui consiste à identifier 1 TND chez une personne est une affaire de spécialistes. Elle doit impérativement mobiliser la présence de plusieurs intervenants (neuropsychologue, orthophoniste, psychomotricien…), et une personne susceptible de faire la synthèse de toutes les informations collectées.
– Neuropsychologue : Spécialiste du lien entre le cerveau et le comportement. Il évalue les fonctions cognitives, émotionnelles et comportementales à l’aide de tests psychométriques. Son rôle est d’analyser les troubles cognitifs et de proposer des stratégies d’adaptation et d’intervention.
– Psychologue : Professionnel de la santé mentale qui évalue et traite les difficultés psychologiques (anxiété, dépression, etc.) à travers des entretiens et des tests. Il travaille souvent sur les aspects émotionnels, comportementaux et relationnels.
– Psychiatre : Médecin spécialisé dans la santé mentale, habilité à poser des diagnostics psychiatriques et à prescrire des médicaments. Il traite des troubles mentaux comme la dépression, l’anxiété, la schizophrénie, ou les troubles du comportement.
– Pédopsychiatre : Psychiatre spécialisé dans la santé mentale des enfants et des adolescents. Il s’intéresse aux troubles du développement, du comportement, et aux troubles émotionnels chez les jeunes, et peut aussi prescrire des traitements.
– Neuropédiatre : Médecin spécialisé dans les troubles neurologiques chez l’enfant. Il s’occupe des troubles du système nerveux (comme l’épilepsie, les troubles du développement neurologique ou moteur) et collabore souvent avec des neuropsychologues pour poser des diagnostics précis.
– Pédiatre : Médecin spécialisé dans la santé des enfants, couvrant tous les aspects de leur développement physique. Il surveille la croissance et la santé générale de l’enfant, de la naissance à l’adolescence.
– Ophtalmologiste : Médecin spécialisé dans les maladies des yeux. Il diagnostique et traite les troubles oculaires, et peut prescrire des lunettes ou des interventions chirurgicales si nécessaire.
– Orthoptiste : Professionnel de la santé qui évalue et rééduque les troubles de la vision fonctionnelle (problèmes de motricité oculaire, strabisme, amblyopie, etc).
Il travaille souvent en collaboration avec les ophtalmologistes.
– Généticien : Médecin spécialisé dans les anomalies génétiques. Il évalue les risques héréditaires de certaines maladies et troubles, et peut être consulté pour explorer les causes génétiques de certains troubles du développement ou neurologiques.
Chaque professionnel a une expertise spécifique qui contribue à établir un diagnostic complet et précis. En collaboration, ils permettent de comprendre tous les aspects des difficultés d’un enfant, que ce soit sur le plan cognitif, émotionnel, neurologique ou physique, assurant ainsi une prise en charge globale et personnalisée. Le diagnostic différentiel repose donc sur cette complémentarité des compétences pour éviter les erreurs de diagnostic, affiner l’évaluation et garantir une intervention adaptée aux besoins spécifiques de chaque enfant.
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